Manifeste
"Créer un jardin, ce n'est pas ajouter du décor.
C'est révéler un lieu."
Créer un jardin, ce n'est pas ajouter du décor. C'est lire un territoire, comprendre sa lumière, ses vents, ses saisons — puis décider, très lentement, de ce qu'on y installe.
Bosc Gardens naît de cette conviction. Arthur et Jean Bosc sont architectes. Le jardin a toujours fait partie de leur travail — ils n'ont jamais su le séparer de la maison. Héritiers du savoir et des archives de Michel Semini, paysagiste qui a travaillé trente ans aux côtés de leur père, puis avec eux, avant de se retirer.
Un jardin Bosc n'existe pas séparé de sa maison. Les deux se répondent. Toujours.
Janvier 2026
© Mark Elst
Du côté de la Crau et des anciens marais,
dans les terres de notre enfance…
Dans les champs, les tracteurs, les bergers,
les moutons, les chiens et les chats, les peupliers,
le soleil qui fracasse tout.
© Aurélien Cubeddu
On se fait une petite promenade dans le jardin
en imaginant ce qu'il va devenir au printemps.
Rajouter de la couleur dans le fond d'une perspective.
Une verticale pour terminer une séquence.
Un arbre de Judée pour encadrer la vue sur les Alpilles,
rajouter de la symétrie, sans que ça se voie.
© Aurélien Cubeddu
Créer un jardin, ce n'est pas ajouter du décor.
C'est révéler un lieu.
Toujours chercher ce qui est à voir,
à voir derrière,
et chercher ce qui ne se voit plus,
quelquefois même sous nos pieds…
© Aurélien Cubeddu
Être en harmonie et avoir en soi
la capacité de résister aux bouleversements.
Une résilience, la capacité d'endurer,
le temps qu'il faudra, le chaos.
Ne pas se soucier de la connaissance.
Ne conserver que l'essentiel.
© Mark Elst
Un cadre comme une douce folie :
la naissance du monde, proche de tout, mais caché.
L'architecture ne s'oppose pas à la nature :
elle est une seconde nature, mais consciente.
Il faut que le temple soit comme né de son site,
qu'il paraisse nécessaire.
© Hervé Hôte
Bientôt le printemps, le vert partout,
les oiseaux et les fleurs.
Bientôt les belles journées qui s'étirent,
les balades sous les buis sauvages.
Bientôt les couleurs, la chaleur, la douceur.
Vivre dehors, sous les guirlandes.
© Mark Elst
Un parc est sorti de terre :
lavandes en lignes bleues, oliviers argentés,
allées généreuses et chemins traçant des perspectives infinies.
Les animaux y vivent, sans y être chassés.
— De rien, tout est là.
© Aurélien Cubeddu
Imaginer des promenades, des décors pour les scènes de la vie.
Des sensations, des odeurs, fraîcheur, chaleur,
le bruit de l'eau qui coule ou qui tombe avec fracas.
Devenir le tableau d'une maison habitée,
le filtre entre l'homme
et la force terrible du paysage.
© Mark Elst
La scénographie d'un jardin, c'est s'imaginer en mouvement
et connaître les saisons, projeter les parcours,
les vues, les premiers plans, les seconds plans,
le grand paysage.
C'était un terrain en pente, dépourvu de structure,
un terrain vague dans le village.
C'est devenu un jardin secret, une oasis.
Un bout de colline devant la maison,
un rocher au loin, comme la sculpture du jardin.
Choisir l'entrée et la scénographier :
en contre-plongée pour un effet de grandeur,
un parcours en biais pour révéler progressivement,
par décalages successifs.
© Nicolas Matheus
© Hervé Hôte
C'est une petite renaissance.
Du rêve d'un pays de Cocagne absolu,
depuis cinquante années.
L'aquarelle d'une vie simple et joyeuse sous la glycine,
à écosser les haricots et écraser l'ail et le basilic
à l'ombre, les pieds nus.
© Mark Elst
À travers l'architecture et les jardins,
aller au-delà de la réalité.
Toucher avec douceur le mystère,
la profondeur et l'élégance.
Éveiller en nous une nostalgie héritée
d'une culture ancienne.
Préférer l'évocation.
L'atelier
Jean Bosc a étudié à Penninghen, puis à Paris-Belleville. Arthur à Marseille. Des écoles d'architecture — et une culture du projet qui déborde toujours du seul bâtiment.
Michel Semini a travaillé trente ans avec leur père, puis avec eux. Avant de se retirer, il leur a transmis son savoir et l'ensemble de ses archives. Ce n'est pas une formation — c'est une transmission. Le geste direct d'un maître à ceux qui continuent.
Le jardin et la maison ont toujours été, pour eux, une seule et même question. L'un ne se comprend pas sans l'autre. Un jardin Bosc commence toujours par la lecture du territoire : sa topographie, ses expositions, les vents dominants, la qualité de la lumière à différentes heures. Avant une seule plante.
Six années de jardins dans les Alpilles et la Crau, documentées dans Les Jardins Imaginaires #01 — 86 pages de photographies, de lavis et d'entrées datées. Un carnet d'impressions et de territoire.
Photographies · Les Jardins Imaginaires #01 — Mark Elst, Aurélien Cubeddu, Hervé Hôte, Nicolas Matheus